dimanche 4 novembre 2007

Mythes et dieux des Indo-Européens

Je viens de terminer la lecture de Mythes et dieux des Indo-Européens, chez Flammarion, collection Champs-l'Essentiel. Il s'agit d'une synthèse de la pensée de Georges Dumézil, sous forme d'extraits commentés et compilés par Hervé Coutau-Bégarie.

Georges Dumézil était un philologue et historien, spécialisé dans la mythologie comparée. Il cherchait des idées communes dans les mythologies indo-européennes, et voulait démontrer que ces idées étaient propres à ces peuples.
A priori, peu de rapports directs avec le continent perdu de Mù, à part que Dumézil a travaillé longtemps en Turquie, avec l'appui d'Atatürk (le président Mustapha Kemal) qui appréciait beaucoup ses travaux. Ce dernier était également très intéressé par le continent de Mù, mais nous aurons l'occasion d'en reparler...
Néanmoins, la mythologie comparée est quelque chose de très intéressant, et Dumézil pointe plein de points communs notamment entre Rome, la Scandinavie et l'Inde (période védique).

Le livre est divisés en plusieurs parties, dont je vais vous présenter la structure afin de vous ouvrir l'appétit pour cet excellent ouvrage, qui est riche mais tout-à-fait accessible à des non-spécialistes. Le compilateur facilite d'ailleurs le travail du lecteur en traduisant les citations allemandes et latines qui parsèment certains textes (un tic d'historien).


L'ouvrage commence par une courte introduction sur le projet de ce livre posthume, pour lequel Dumézil avait donné son accord. Le chapitre suivant est nommé Leçon inaugurale : c'est le texte d'une conférence que Dumézil avait donné au Collège de France, et qui résume le contexte de ses recherches en une vingtaine de pages, avec pas mal de considérations linguistiques, sans doute adaptée à son public qui devait être composé de linguistes.

La première partie est nommée Le travail de l'oeuvre. Après une brève introduction, il présente un extrait dumézilien : A la recherche de l'idéologie indo-européenne, une vingtaine de pages où l'auteur explique la genèse de ses idées, une sorte de biographie intellectuelle en quelque sorte.

La deuxième partie est nommée L'idéologie tripartite des Indo-Européens, et développe l'hypothèse principale de Dumézil. Après une introduction, plus de 110 pages reproduisent les trois chapitres de l'ouvrage synthétique L'idéologie tripartite des indo-européens : Les trois fonctions sociales et cosmiques, Les théologies tripartites, et Les diverses fonctions dans la théologie, la mythologie et l'épopée. Formant le coeur de l'ouvrage, le chapitre explique comment Dumézil décrypte la structure du coeur des panthéons selon ses fameuses trois fonctions : chef + mage, guerrier, représentant du peuple. Il décrypte particulièrement les panthéons romain (Dius Fides + Jupiter ; Mars ; Quirinus), védique (Mitra + Varuna : Indra ; les Nasatya) et nordique (Tyr + Odin ; Thor ; Njord + Freyr).
Il explique également que cette répartition tripartite est propre aux Indo-Européens : on ne la retrouve pas chez les Grecs car ceux-ci ont une myhtologie d'origine pré-indo-européenne ; on la retrouve chez les Egyptiens, car ceux-ci ont hérité d'une tradition indo-européenne (via les Hittites et Mittani). Je ne trouve pas ces explications très convaincantes, mais Dumézil lui-même reconnaît qu'il ne fait que des propositions...

La troisième partie, La fabrication de l'histoire, poursuit l'examen de l'hypothèse tripartite. Après une introduction, un chapitre intitulé Les archanges de Zoroastre et les rois romains de Cicéron examine comment la structure tripartite peut arriver à décrypter autre chose que des mythologies polythéistes. Il examine ainsi les différents Archanges du Zoroastrisme (héritage d'anciens polythéismes indo-iraniens), ainsi que l'histoire légendaire de la fondation de Rome, qui n'est qu'une mythologie à peine déguisée.

La quatrième partie, Le discours de la méthode, commence par une introduction sur la façon dont Dumézil construit ses hypothèses. Deux chapitres reproduisent des textes de Dumézil où il développe ses théories au détour d'articles pointus : Remarques sur l'interprétation trifonctionnelle des mariages indo-européens, et Réhabilitation de Snorri (la personne qui a compilé les mythologies islandaises au 14e siècle).

La cinquième partie, Le thiase des sycophantes, discute des adversaires de Dumézil, et comment celui-ci leur répondait. Après une introduction, le livre reproduit un texte nommé Pro Domo Revisited, où Dumézil défend son approche de la mythologie comparée, ainsi qu'une conclusion nommée Ludus Scientae, où Dumézil développe que sa recherche est un jeu intellectuel.

L'ouvrage se termine par un arbre généalogique des langues indo-européennes, et un index de références bibliographiques.

Bien que je ne sois pas d'accord avec toutes les hypothèses de Dumézil, j'ai trouvé cette lecture très enrichissante, et elle invite à aller fouiner plus avant dans la mythologie comparée... Nous reviendrons sur les hypothèses de Dumézil dans des articles ultérieurs.

1 commentaire:

Anonyme a dit…

très interessant, merci pour ce partage