lundi 22 décembre 2008

La cinquième Lune, un JdR-en-1-page

Je viens de mettre en ligne, avec un jour d'avance, mon 52e JdR-en-1-page de l'année.

Il n'est reste qu'un à écrire pour accomplir mon pari idiot d'en publier un toutes les semaines de 2008...

Le thème de La cinquième Lune est la fin de notre civilisation selon les théories de Hans Hörbiger, développées par Denis Saurat, dont j'avais déjà parlé dans un article précédent. Selon ce monsieur, les planètes sont essentiellement formées de glace, et tombent en spirale vers le soleil. De même, notre lune tombe sur nous, et ce n'est pas la première fois : il s'agit de la 4e lune ! La première lune avait déjà détruit la première civilisation terrestre de insectes géants, une deuxième lune la civilisation des reptiles géants, et une troisième lune la civilisation des humains géants.

Le parti nazi avait une certaine affection pour cette théorie...

Dans mon mini-jeu de rôle, les joueurs interprètent donc des nazis à la fin de la 4e lune, luttant contre les insectes et reptiles géants, se défiant du complot judéo-maçonnique, et tentant de retrouver le royaume caché de Shamballa, où se cache le sage suprème, Adolf Hitler.

Merci de ne pas prendre ça au premier degré !

jeudi 4 décembre 2008

Idées de cadeaux pour Noël...

Je viens de voir en librairie deux livres potentiellement intéressants pour les fans de continents perdus.

Mu, de Hugo Pratt en édition de luxe en format à l'italienne, chez Casterman.
J'avais déjà dit beaucoup de bien de cette BD, et du superbe dossier qui accompagne son édition de luxe : http://leregnedemu.blogspot.com/2007/10/corto-maltese-mu.html.
Là, on ne trouve que les planches de la BD, en grand format et en superbes couleurs. C'est un bel objet qui reprend l'un des plus étranges albums de Corto Maltese dans son format original, sur 501 pages en couleur. Prix : environ 45 euros

Atlas de l'Atlantide et autres civilisations disparues, de Joël Levy, chez Vega : un ouvrage sur les continents disparus, abondamment illustré, et totalement au premier degré.
Plusieurs pages sont consacrées à Mu et au Colonel Churchward. Je me laisserai peut-être tenter par ce très beau livre, même s'il n'a pas l'air d'apporter beaucoup de nouveautés...
cf http://www.editions-tredaniel.com/atlas-latlantide-p-3376.html
Prix : environ 23 euros

Sinon, la réédition du dictionnaire mongol-français à l'Asiathèque prend encore un retard imprévu. Argh, il devait enfin sortir ce mois-ci...

lundi 1 décembre 2008

Démiurges en Herbe III (pub)

Voici un petit message hors sujet...

J'ai récemment participé au concours de création de jeu de rôle Démiurges en herbe version 2008. Les participants devaient concevoir un jeu de rôle complet en deux semaines (11 au 25 novembre), sur le thème imposé : Forge et Songe.

J'ai contribué à ce concours, et des jurés ont commencé à plancher sur les 48 jeux rendus (sur 100 personnes inscrites au départ), afin de décerner les places sur le podium.

De plus, plusieurs participants ont mis à disposition le synopsis de leur jeu, pour lesquels il est possible de voter en passant par là : http://www.forgesonges.org/index.php?option=com_content&view=article&id=167
Venez voter pour ce prix du public !

Mon jeu de l'an dernier était nommé Nouvelle donne et n'était pas parvenue en finale. On peut trouver le résultat ici : http://tromeur.com/forgesonges/

Ma participation de 2008 se nomme L'âge de Neptune et a pour sujet le spiritisme au 19e siècle, dans une ambiance Steampunk, science-fiction inspirée de Jules Verne et autres auteurs de l'époque. J'ai également puisé une grande partie de mon inspiration dans certaines oeuvres de Serge Brussolo, dont Procédure d'évacuation immédiate des musées fantômes, Le syndrôme du scaphandrier, L'homme aux yeux de napalm et Les rêveurs d'ombre...

Voilà ce que donnerait le texte du jeu, passé par la moulinette de l'amusante application Wordle qui construit un nuage de mots à partir de textes...

mardi 4 novembre 2008

JdR magazine : ça continue de plus belle !

Jeu de Rôle Magazine est décidément très actif ! Après trois numéros qui s'améliorent à chaque fois, le mois de décembre sera bien chargé avec deux publications : le n°4 (Spécial orient) vers le 1er décembre, et leur premier hors-série spécial scénarios vers le 17 décembre.


Après des années d'absence, la presse rôliste revient à fond ! Signalons aussi que le magazine Black Box des éditions Black Book continue son chemin repris récemment, et que son prochain numéro sera rapidement en kiosque début novembre, et le magazine Dragon Rouge comble régulièrement les fans de Dungeons & Dragons (avec aussi des articles sur d'autres jeux). Par ailleurs, le Bob'zine est diffusé de façon plus confidentielle mais il paraît que c'est très bien !

lundi 27 octobre 2008

Le retour de L'appel de Cthulhu : bientôt !

Le compte à rebours se poursuit avant la sortie de la très attendue nouvelle édition de L'appel de Cthulhu aux éditions Sans détour, prévue début novembre 2008 (on y arrive !). En attendant, cet éditeur propose un très joli et plutôt détaillé kit d'introduction sur son site, où vous pourrez examiner la superbe mise en page, et quelques nouvelles règles de ce jeu de rôle classique, légèrement dépoussiéré.

Ce jeune éditeur présentera la nouvelle édition en avant-première au festival nantais de la SF des Utopiales. Par ailleurs, des pré-commandes sont possible dans plusieurs boutiques, notamment le site de l'éditeur mais aussi leur partenaire Ludikbazar.

Nous vous ferons part de notre avis dès que nous aurons mis la main sur cette édition !

Vingt Mille Lieues sous les mers : l'Atlantide

Deux heures après avoir quitté le Nautilus, nous avions franchi la ligne des arbres, et à cent pieds au-dessus de nos têtes se dressait le pic de la montagne dont la projection faisait ombre sur l’éclatante irradiation du versant opposé. Quelques arbrisseaux pétrifiés couraient çà et là en zigzags grimaçants. Les poissons se levaient en masse sous nos pas comme des oiseaux surpris dans les hautes herbes. La masse rocheuse était creusée d’impénétrables anfractuosités, de grottes profondes, d’insondables trous, au fond desquels j’entendais remuer des choses formidables. Le sang me refluait jusqu’au coeur, quand j’apercevais une antenne énorme qui me barrait la route, ou quelque pince effrayante se refermant avec bruit dans l’ombre des cavités ! Des milliers de points lumineux brillaient au milieu des ténèbres. C’étaient les yeux de crustacés gigantesques, tapis dans leur tanière, des homards géants se redressant comme des hallebardiers et remuant leurs pattes avec un cliquetis de ferraille, des crabes titanesques, braqués comme des canons sur leurs affûts, et des poulpes effroyables entrelaçant leurs tentacules comme une broussaille vivante de serpents.

Quel était ce monde exorbitant que je ne connaissais pas encore ? A quel ordre appartenaient ces articulés auxquels le roc formait comme une seconde carapace ? Où la nature avait-elle trouvé le secret de leur existence végétative, et depuis combien de siècles vivaient-ils ainsi dans les dernières couches de l’Océan ?

Mais je ne pouvais m’arrêter. Le capitaine Nemo, familiarisé avec ces terribles animaux, n’y prenait plus garde. Nous étions arrivés à un premier plateau, ou d’autres surprises m’attendaient encore. Là se dessinaient de pittoresques ruines, qui trahissaient la main de l’homme, et non plus celle du Créateur. C’étaient de vastes amoncellements de pierres où l’on distinguait de vagues formes de châteaux, de temples, revêtus d’un monde de zoophytes en fleurs, et auxquels, au lieu de lierre, les algues et les fucus faisaient un épais manteau végétal.

Mais qu’était donc cette portion du globe engloutie par les cataclysmes ? Qui avait disposé ces roches et ces pierres comme des dolmens des temps anté-historiques ? Où étais-je, où m’avait entraîné la fantaisie du capitaine Nemo ?

J’aurais voulu l’interroger. Ne le pouvant, je l’arrêtai. Je saisis son bras. Mais lui, secouant la tête, et me montrant le dernier sommet de la montagne, sembla me dire :

« Viens ! viens encore ! viens toujours ! »

Je le suivis dans un dernier élan, et en quelques minutes, j’eus gravi le pic qui dominait d’une dizaine de mètres toute cette masse rocheuse.

Je regardai ce côté que nous venions de franchir. La montagne ne s’élevait que de sept à huit cents pieds au-dessus de la plaine ; mais de son versant opposé, elle dominait d’une hauteur double le fond en contre bas de cette portion de l’Atlantique. Mes regards s’étendaient au loin et embrassaient un vaste espace éclairé par une fulguration violente. En effet, c’était un volcan que cette montagne. A cinquante pieds au-dessous du pic, au milieu d’une pluie de pierres et de scories, un large cratère vomissait des torrents de lave, qui se dispersaient en cascade de feu au sein de la masse liquide. Ainsi posé, ce volcan, comme un immense flambeau, éclairait la plaine inférieure jusqu’aux dernières limites de l’horizon.

J’ai dit que le cratère sous-marin rejetait des laves, mais non des flammes. Il faut aux flammes l’oxygène de l’air, et elles ne sauraient se développer sous les eaux ; mais des coulées de lave, qui ont en elles le principe de leur incandescence, peuvent se porter au rouge blanc, lutter victorieusement contre l’élément liquide et se vaporiser à son contact. De rapides courants entraînaient tous ces gaz en diffusion, et les torrents laviques glissaient jusqu’au bas de la montagne, comme les déjections du Vésuve sur un autre Torre del Greco.

En effet, là, sous mes yeux, ruinée, abîmée, jetée bas, apparaissait une ville détruite, ses toits effondrés, ses temples abattus, ses arcs disloqués, ses colonnes gisant à terre, où l’on sentait encore les solides proportions d’une sorte d’architecture toscane ; plus loin, quelques restes d’un gigantesque aqueduc ; ici l’exhaussement empâté d’une acropole, avec les formes flottantes d’un Parthénon ; là, des vestiges de quai, comme si quelque antique port eût abrité jadis sur les bords d’un océan disparu les vaisseaux marchands et les trirèmes de guerre ; plus loin encore, de longues lignes de murailles écroulées, de larges rues désertes, toute une Pompéi enfouie sous les eaux, que le capitaine Nemo ressuscitait à mes regards !

Où étais-je ? Où étais-je ? Je voulais le savoir à tout prix, je voulais parler, je voulais arracher la sphère de cuivre qui emprisonnait ma tête.

Mais le capitaine Nemo vint à moi et m’arrêta d’un geste. Puis, ramassant un morceau de pierre crayeuse, il s’avança vers un roc de basalte noire et traça ce seul mot :

ATLANTIDE

Quel éclair traversa mon esprit ! L’Atlantide, l’ancienne Méropide de Théopompe, l’Atlantide de Platon, ce continent nié par Origène, Porphyre, Jamblique, D’Anville, Malte-Brun, Humboldt, qui mettaient sa disparition au compte des récits légendaires, admis par Possidonius, Pline, Ammien-Marcellin, Tertullien, Engel, Sherer, Tournefort, Buffon, d’Avezac, je l’avais là sous les yeux, portant encore les irrécusables témoignages de sa catastrophe ! C’était donc cette région engloutie qui existait en dehors de l’Europe, de l’Asie, de la Libye, au-delà des colonnes d’Hercule, où vivait ce peuple puissant des Atlantes, contre lequel se firent les premières guerres de l’ancienne Grèce !

L’historien qui a consigné dans ses écrits les hauts faits de ces temps héroïques, c’est Platon lui-même. Son dialogue de Timée et de Critias a été, pour ainsi dire, tracé sous l’inspiration de Solon, poète et législateur.

Un jour, Solon s’entretenait avec quelques sages vieillards de Saïs, ville déjà vieille de huit cents ans, ainsi que le témoignaient ses annales gravées sur le mur sacré de ses temples. L’un de ces vieillards raconta l’histoire d’une autre ville plus ancienne de mille ans. Cette première cité athénienne, âgée de neuf cents siècles, avait été envahie et en partie détruite par les Atlantes. Ces Atlantes, disait-il, occupaient un continent immense plus grand que l’Afrique et l’Asie réunies, qui couvrait une surface comprise du douzième degré de latitude au quarantième degré nord. Leur domination s’étendait même à l’Égypte. Ils voulurent l’imposer jusqu’en Grèce, mais ils durent se retirer devant l’indomptable résistance des Hellènes. Des siècles s’écoulèrent. Un cataclysme se produisit, inondations, tremblements de terre. Une nuit et un jour suffirent à l’anéantissement de cette Atlantide dont les plus hauts sommets, Madère, les Açores, les Canaries, les îles du cap Vert, émergent encore.

Tels étaient ces souvenirs historiques que l’inscription du capitaine Nemo faisait palpiter dans mon esprit. Ainsi donc, conduit par la plus étrange destinée, je foulais du pied l’une des montagnes de ce continent ! Je touchais de la main ces ruines mille fois séculaires et contemporaines des époques géologiques ! Je marchais là même où avaient marché les contemporains du premier homme ! J’écrasais sous mes lourdes semelles ces squelettes d’animaux des temps fabuleux, que ces arbres, maintenant minéralisés, couvraient autrefois de leur ombre !

Ah ! pourquoi le temps me manquait-il ! J’aurais voulu descendre les pentes abruptes de cette montagne, parcourir en entier ce continent immense qui sans doute reliait l’Afrique à l’Amérique, et visiter ces grandes cités antédiluviennes. Là, peut-être, sous mes regards, s’étendaient Makhimos, la guerrière, Eusebès, la pieuse, dont les gigantesques habitants vivaient des siècles entiers, et auxquels la force ne manquait pas pour entasser ces blocs qui résistaient encore à l’action des eaux. Un jour peut-être, quelque phénomène éruptif les ramènera à la surface des flots, ces ruines englouties ! On a signalé de nombreux volcans sous-marins dans cette portion de l’Océan, et bien des navires ont senti des secousses extraordinaires en passant sur ces fonds tourmentés. Les uns ont entendu des bruits sourds qui annonçaient la lutte profonde des éléments ; les autres ont recueilli des cendres volcaniques projetées hors de la mer. Tout ce sol jusqu’à l’Équateur est encore travaillé par les forces plutoniennes. Et qui sait si, dans une époque éloignée, accrus par les déjections volcaniques et par les couches successives de laves, des sommets de montagnes ignivomes n’apparaîtront pas à la surface de l’Atlantique !

Pendant que je rêvais ainsi, tandis que je cherchais à fixer dans mon souvenir tous les détails de ce paysage grandiose, le capitaine Nemo, accoudé sur une stèle moussue, demeurait immobile et comme pétrifié dans une muette extase. Songeait-il à ces générations disparues et leur demandait-il le secret de la destinée humaine ? Était-ce à cette place que cet homme étrange venait se retremper dans les souvenirs de l’histoire, et revivre de cette vie antique, lui qui ne voulait pas de la vie moderne ? Que n’aurais-je donné pour connaître ses pensées, pour les partager, pour les comprendre !

Nous restâmes à cette place pendant une heure entière, contemplant la vaste plaine sous l’éclat des laves qui prenaient parfois une intensité surprenante. Les bouillonnements intérieurs faisaient courir de rapides frissonnements sur l’écorce de la montagne. Des bruits profonds, nettement transmis par ce milieu liquide, se répercutaient avec une majestueuse ampleur.

En ce moment, la lune apparut un instant à travers la masse des eaux et jeta quelques pâles rayons sur le continent englouti. Ce ne fut qu’une lueur, mais d’un indescriptible effet. Le capitaine se leva, jeta un dernier regard à cette immense plaine ; puis de la main il me fit signe de le suivre.

Nous descendîmes rapidement la montagne. La forêt minérale une fois dépassée, j’aperçus le fanal du Nautilus qui brillait comme une étoile. Le capitaine marcha droit à lui, et nous étions rentrés à bord au moment où les premières teintes de l’aube blanchissaient la surface de l’Océan.


Vingt Mille Lieues sous les mers
, Jules Verne
(extrait du chapitre IX de la 2e partie)

lundi 20 octobre 2008

Le GROG reviendra bientôt

Le site du GROG, référence francophone du jeu de rôle, est hors service depuis quelques jours, pour des raisons techniques et légales.

En attendant un retour qui ne saurait tarder, l'équipage donne de ses nouvelles sur un blog récemment ouvert : http://legrog.org/

La nouvelle adresse e-mail est passerelle(chez)legrog.org

Espérons un prompt rétablissement de cette encyclopédie du jeu de rôle !

Voilà le message officiel du GROG concernant leur indisponibilité :

Suite à un conflit avec le propriétaire des domaines roliste.com, roliste.net et roliste.org, le GROG sera indisponible pour une durée indéterminée. L'adresse de contact admin(chez)roliste.com ne doit plus être utilisée pour contacter les administrateurs du GROG.
Merci pour toute correspondance avec les admins d'utiliser admin.grog(chez)gmail.com
L'équipe actuelle fait son possible pour que le GROG revienne à la vie
dans les plus brefs délais.

Les admins du GROG

mardi 14 octobre 2008

Planet Mu

Planet Mu est un label britannique de musique électronique, fondé en 1995 par Mike Paradinas (alias μ-ziq), et affilié à Virgin Records. Vous pouvez écouter quelques échantillons de leur production en cliquant sur les liens, dans la liste en fin d'article.

Clairement, ce nom est un hommage à James Churchward et à ses oeuvres. En effet, des compilations musicales du label portent les noms d'ouvrages consacrés au continent perdu :
- Sacred Symbols of Mu (2006)
- Children of Mu (2004)
- The Cosmic Forces of Mu (2001)

James Churchward avait déjà inspiré la bande dessinée (avec Hugo Pratt), les jeux vidéos (nous en reparlerons), les dessins animés (Les mystérieuses cités d'or), etc. Le continent perdu de Mu est pleinement intégré à la pop culture !


Liens
- Planet Mu sur wikipedia (fr)
- μ-ziq sur wikipedia (fr)
- Site officiel (en)
- Page Myspace (en)

lundi 13 octobre 2008

Système de jeu : un cahier des charges

Voilà un cahier des charges que j'avais posé sur le forum Casus NO concernant le système de jeu du Règne de Mu. C'est toujours bon de faire quelques rappels, vu que je compte discuter un peu du système de jeu après quelques mois de digressions culturelles...

Un système simple, un système synthétique
Le système doit pouvoir s'exprimer en peu de mots.
Il ne doit pas comporter de listes arbitraires avec des noms peu parlants, et il faut le moins de choses à apprendre par coeur. Il faut que le MJ puisse jouer sa partie sans regarder les règles, voire même sans regarder une feuille de papier.

Un système humaniste
L'homme est au coeur de tout, et le personnage doit être plus important que le matériel qu'il porte. Il faut décourager l'usage des armes et armures, ou diminuer leur importance face aux arts martiaux et autres techniques d'affrontement.

Un système symboliste
Selon Churchward, tout tourne autour des quatre forces cosmiques. Un personnage est principalement défini par quatre attributs chiffrés, le reste doit être accessoire, et graviter autour de ces quatre attributs.

Un système aléatoire
Le hasard, c'est rigolo. Les jets de dés doivent pouvoirs être "explosifs", ainsi que permettre les échecs critiques. Il faut que tous les jets de dés aient la possibilité d'avoir des résultats surprenants.

Que doit pouvoir gérer le système de jeu ?

Les conflits
Le système doit pouvoir gérer les conflits d'une manière semblable, qu'il s'agisse de batailles rangées, de parties d'échecs, de duels, de compétition de danse, de joutes oratoires, etc.

Les investigations
Le système doit pouvoir gérer les enquêtes de manière agréable et efficace. Les personnages ne doivent jamais rester trop longtemps bloqués, mais il faut laisser une place importante au hasard, tout en laissant aux joueurs l'illusion d'avancer grâce à leur intelligence...

Les tâches de longue haleine
Le système doit pouvoir gérer les tâches de longue durée, qui ne devraient pas se résoudre en un seul jet de dés, mais donner lieu à une sorte de "conflit" (voir plus haut) face à la difficulté et à la longueur de la tâche.

lundi 6 octobre 2008

La Nouvelle Chronologie (de Fomenko)

Voilà des liens vers l'une des théories "révisionniste" les plus populaires : la Nouvelle Chronologie (de Fomenko).
- Page wikipedia en anglais (beaucoup plus détaillée que la VF)
- Un site français sympathisant de cette théorie "récentiste"

L'idée principale est que l'histoire de l'homme est beaucoup plus récente que ce que l'on sait : le christianisme est né vers le 11e siècle, il n'y a jamais eu d'invasion mongole, toute l'antiquité (romaine, grecque, egyptienne, etc.) est une fable inventée à la Renaissance, l'Empire Russe a dominé le monde pendant longtemps, etc.

Historiens et archéologues démentent cette théorie du mathématicien Fomenko, serait-ce une simple défense du dogme dominant ? La Nouvelle Chronologie est soutenue par des personnalités, surtout russes, comme Gary Kasparov.

C'est très intéressant et provocateur comme théorie, et paradoxalement c'est peut-être compatible avec l'histoire antédiluvienne (Mu, l'Atlantide...). Ma foi, si l'histoire antérieure au 15 siècle est un vaste mensonge, alors que dire de la préhistoire ?

mercredi 24 septembre 2008

La religion romaine (Que sais-je ?)

Pendant mes vacances, j'ai également lu La religion romaine d'Yves Lehmann (Que sais-je ? n°1890)

Cet ouvrage est très différent de La religion grecque que je vous ai présenté avant-hier. L'auteur s'intéresse plus au côté institutionnel de la religion. J'ai donc eu quelques déceptions à ce niveau, car j'attendais des infos sur certains dieux romains comme Janus et Saturne. Néanmoins, le bouquin est très intéressant tout de même, étant donné la complexité et la richesse de la vie religieuse romaine.

Après une brève introduction de 3 pages, Observations prélimitaires est un prologue de 7 pages :
I - La question des origines de la religion romaine : Cette partie discute de quelques théories passées sur l'origine de la religion romaine. L'auteur s'intéresse à la théorie du prédéisme, consistant à comparer les bases de la religion romaine à un animisme, comme le prouvent les cultes des divers numen (lares, pénates, etc.). Néanmoins, cette théorie allait un peu trop loin, par exemple lorsqu'elle supposait que Mars était une sorte de personnalisation de la lance...
II - Les caractères dominants de la religion romaine : conservatisme (survivance de rites très anciens, comme les diverses divinations), désacralisation des mythes (pas vraiment de mythologie, mais une histoire idéalisée), pragmatisme (les présages étaient interprétés avec beaucoup de souplesse)

Les institutions religieuses de la République Romaine est un premier chapitre de 30 pages démontrant la grande importance des institutions, plus impotantes que les dieux eux-même :
I - Les cadres de la religion romaine : présentation des divinités populaires des romains, les lares (dieux des lieux), Faunus / Silvanus (dieu du monde sauvage / des cultures), le monde des morts, les pénates (dieux des foyers). Concernant le passage du temps, Janus est le dieu des commencements (aube, nouvelle année, naissance de la royauté...), Angerona préside au Solstice d'hiver, Mater Matuta au Solstice d'été (le 11 juin pour être précis) ... mais c'est Vertumnus (d'origine étrusque ou sabine ?) qui dirige le cycle des saisons.
II - Aspects du culte public : présentation et explication de nombreux rites (prières, sacrifices, rites hérités des étrusques ou autres) et des divers sacerdoces : flamines majeurs (grands prêtres de Jupiter, Mars et Quirinus), flamines mineurs (grands prêtres de Volcanus, Volturnus, Portunus, Palatua, Carmenta, Flora, Pumona, Furrina, Falacer, Cérès et deux autres), Pontifes (dont le Pontifex Maximus), Vestales, Augures, Haruspices, Les Quinze (collège gérant lesLivres Sybillins et décidant des cultes publics autorisés), Epulons (chargés de l'intendance des repas), divers corps archaiques (Fétiaux ambassadeurs religieux, Saliens voués à Mars, Luperques voués à Faunus, frères Arvales bénissant les champs). Le chapitre discute aussi de l'organisation du calendrier.
III - Remarques sur les cultes privés : Le foyer était aussi un temple, où on vénérait le Lar Familiaris, les Pénates et le Genius du maître de maison. Lechapitre détaille les rites autour de la naissance, du mariage, de la mort... Certains dieux romains très spécialisés furent remplacés par desdieux plus importants (les dieux des bébés Pilumnus et Picumnus furent remplacés par Junon et Hercule).

Les dieux des romains sous la République est un deuxième chapitre de 19 pages.
I - Les formes de la présence divine : cettepartie détaille les différents origines de dieux : personification de concepts, héritage de concepts indo-européens (triade Jupiter-Mars-Quirinus), imporations étrangères (Diane latine, Diane aventine, Castor grec, Hercule, Mercure, Apollon, Asclépios...).
II - Problèmes de structure théologique : On discute de la classification des dieux selon leur importance, commme celle de Varron (dieux déterminés, dieux incertains, dieux principaux)
III - Le système théologique des Romains à la fin de la République et au début de l'Empire : Origines de la classification de Varron


Les transformations de la religion romaine est un troisième chapitre de 19 pages :
I - L'accroissement du capital divin pendant la seconde guerre punique : Gain de popularité de certains dieux pendant cette guerre punique, notamment Junon qui était protectrice de Carthage mais a fini par se ranger auprès des romains. Vénus gagna en popularité grâce à la légende troyenne (Énée descendrait d'elle). Cybèle fut invoquée pour mettre une déesse puissante au service de Rome.
II - Les courants de la religion romaine au lendemain de la seconde guerre punique : Arrivée de nombreux dieux étrangers, comme Dionysos. Succès de la mystique pythagoricienne.
III - Les grands conquérants et la religion à l'époque des guerres civiles : Les grands conquérants (Marius, Sylla, Pompée, César) mirent leurs victoires sous le patronage de Vénus (ou Hercule)...
IV - La crise des valeurs religieuses au 1er siècle : Décrédibilisée par les interventions politiques, la religion connut une crise importante...
V - La formule augustéenne de la religion romaine : ... mais Octavien / Auguste restaura et rénova les institutions religieuses, qui ont désormais l'Empereur à leur tête, comme Pontifex Maximus quasi-divinisé

Evolution, déclin et mort du paganisme romain est un quatrième chapitre de 40 pages :
I - Permanence et vitalité de la religion romaine : un résumé de la pratique religieuse sous les différents empereurs jusqu'à Commode : Julio-Claudiens (avec les extravagances de Caligula et Néron), Flaviens, Antonins. On examine aussi les cultes de l'Empereur, et les dieux favoris selon certaines provinces comme Apollon (Belenos)en Gaule ou Saturne (Baal) en Afrique.
II - Les nouvelles aspirations religieuses sous l'Empire : mysticismes divers, souvent importés (Cybèle, Sérapis, Mithra...).
III - Le passage du polythéisme au monothéisme : certains cultes deviennent pratiquement monothéistes, et des religions monothéistes comme le judaïsme ou le Christianisme ont du succès.
IV - La renaissance du paganisme au Bas-Empire : Au 4e sicèles, certains empereurs (Dioclétien, Julien) tentèrent de restaurer le paganisme, assez vainement
V - La disparition du paganisme romain : Si Constantin n'interdit pas le paganisme, ses successeurs s'en chargèrent avec succès...

Bref : cet ouvrage est intéressant dans le cadre de notre projet, puisqu'il montre la prééminence de la politique dans la constitution et l'évolution des religions. Ce qui est arrivé à Rome, arriva aussi certainement dans les colonies perdues de Mu, notamment l'Atlantide...

Source de la carte de l'Empire : http://bbouillon.free.fr/univ/hl/Fichiers/Cartes/emprom.htm

Shardanes, un JdR-en-1-page

Ma livraison hebdomadaire de Jeu-de-Rôle-en-une-page d'hier s'appelle Shardanes. Il traite des luttes des autochtones corses face aux envahisseurs en provenance de Sardaigne, et qui faisaient parti des fameux Peuples de la Mer qui ont donné du fil à retordre aux Hittites et aux Egyptiens.

Ces anciennes invasions n'ont pas laissé de traces dans des documents écrits, cependant des sites archéologiques corses prouvent qu'une civilisation mégalithique a dû résister à une invasion de peuples armés de métal, qui s'est installée dans le sud de l'île, laissant des Torres, sortes de tours-forteresses. Des statues-menhirs, représentant des hommes en armes, ont ainsi été retrouvées à plusieurs endroits, notamment sur le site de Filitosa, que j'ai eu la chance de visiter l'an dernier.


Mon petit jeu est assez minimaliste ; si vous cherchez des infos sur les Peuples de la Mer en général, ou les Shardanes en particulier, il existe quelques sites internet intéressants.

Liens
- Page corse sur les Shardanes
- Article Wikipedia sur les Shardanes
- Page sur les Pélasges (Peuples de la Mer)
- Mes JdR-en-1-page

lundi 22 septembre 2008

La religion grecque (Que sais-je?)

La semaine dernière, j'ai lu La religion grecque dans la collection Que sais-je ? (n° 1969, par Fernand Robert)

Ce livre explique la façon dont les dieux grecs sont apparus en Grèce ancienne. L'auteur a bien entendu une démarche historienne et scientifique, tentant de reconstruire la naissance de la religion. La mythologie qui s'est ensuite greffée dessus est bien entendu une aimable fable pour rendre de la cohérence à ce panthéon hétéroclite...

Croyance, mythologie et littérature : le premier chapitre de 17 pages présente le thème du livre en 4 points.
1/ Religion et mythologie explique la grande différence entre ces deux notions, et détaille certaines théories autrefois avancées pour expliquer la genèse des dieux grecs. L'école allégorique eut un certain succès, expliquant tous les dieux comme des personnifications de concepts, d'éléments... Il y eut ensuite l'évhémérisme interprétant les dieux comme des souverains ou héros des temps passés. Il y a aussi la méthode étiologique (ou sociologique), qui a plutôt la sympathie de l'auteur, expliquant que les mythes, et les dieux eux-même, s'expliquent par des rites et traditions qui leurs sont antérieurs.
2/ Les trois fonctions explique brièvement la théorie de Georges Dumézil, dont nous parlions il y a quelques semaines : la division, dans les cultures indo-européennes, des dieux principaux entre trois fonctions (souveraineté + prêtrise, guerre, production économique)
3/ Religion et littérature explique que les écrivains comme Homère et Hésiode sont les principales références en matière de mythologie et de cohérence entre dieux, alors que le peuple (et même les prêtres) n'yprêtent pas tellement attention.
4/ Pausanias : cet écrivain grec du 2e siècle est la référence principal de l'auteur, notamment par son Périégèse, une sorte de guide des temples de Grèce continentale.

Sanctuaires et rites : le deuxième chapitre de 38 pages discute des rites basiques, temples, sacrifices ... qui ont souvent précédé les dieux les expliquant ! L'auteur discute notamment des sacrifices chthoniens et ouraniens, correspondant respectivement à un bon repas entre fidèles, et à l'élimination des déchets (viscères, graisses, ossements...) par crémation. Voilà comment certaines pratiques cultuelles dérivent de pratiques culinaires. L'auteur s'étend également sur les rites de fertilité (notamment les fameux mystères d'Eleusis), les tabous autour de la mort, les jeux...

Quelques dieux, dans l'Olympe ou sans Olympe : le troisième chapitre donne en 56 pages de nombreux exemples de dieux et de leur apparition en Grèce.
I/ Hermès et les dieux inventés en Grèce même : Comment des tas de cailloux (herma) déposés le long des routes et aux carrefours ont fini par être décorés de statuettes et par finalement être incarnés en un dieu du voyage et du commerce
II/ Athéna : Comment les triomphes, de simples épouvantails (marquant un lieu de victoire), formés d'une croix avec un casque, un bouclier et une lance, ont fini par devenir une déesse de la victoire, puis de la sagesse, etc.
III/ Athéna, Déméter et Dionysos en Attique : Comment des fêtes des moissons et desvendanges ont pré-existéavant d'être associées à l'omnipotente Athéna, puis aux deux autres divinités plus spécialisées
IV/ Artémis et Athéna : Comment ces deux déesses sont restées longtemps concurrentes. Artémis est sans doute originaire d'Asie Mineure, bien qu'assez ancienne (citée dans les documents en linéaire B), et a absorbé de nombreuses déesses pré-helléniques (Hécate notamment)
V/ La triade apollinienne : Artémis, Apollon et Léto forment l'une des multiples triades, regroupées sans raison particulière...
VI/ Apollon et Poséidon : Ces deux dieux ont longtemps été concurrents, Poséidon était plutôt un dieu de la Grèce centrale et profonde, face à un Apollon cosmopolite
VII/ Aphrodite, Arès et Héphaïstos : un étonnant triangle amoureux formé de trois dieux disparates, l'orientale Aphrodite (importation d'Ishtar/Astarté), Arès réputé thrace et ce bon vieux dieu pré-héllène HéphaIstos (sans doute né à Lemnos)
VIII/ Dionysos : la tradition le prétend originaire d'Asie, mais des documents prouvent qu'il est grec depuis très longtemps ! Cette réputation est sans doute liée à l'existence de dieux très proches à l'étranger, comme le Sabazios thraco-phrygien
IX/ Héra, Zeus, l'Olympe et les douze dieux : Héra était l'ancienne grande déesse du Péloponnèse, peu à peu éclipsée par Zeus. De multiples cultures anciennes (notamment en Asie Mineure) ont à leur sommet une déesse-terre et un dieu-tonnerre... L'Olympe comme lieu de réunion des dieux est une construction mythologique assez floue, et d'ailleurs les 12 dieux présents varient énormément...

Principaux moments de la pensée religieuse : ce quatrième chapitre de 10 pages résume l'évolution de la religion grecque, notamment les étonnantes libertés prises par les écrivains et philosophes avec leur matière religieuse. Tout compte fait, c'est un quasi-monothéisme qui a dominé, notamment autour de l'omniprésent et protéiforme Zeus. L'auteur rappelle aussi qu'Asclépios fut la star incontestée des dieux grecs, jusqu'à une époque tardive.

L'ouvrage se termine par une abondante bibliographie et une table des matières.

Tout cela est très intéressant, puisqu'il montre la justesse de certaines intuitions de James Churchward, notamment dans son explication de la religion égyptienne dans L'univers secret de Mu. L'humanité est essentiellement monothéiste à la base, ensuite là-dessus se sont greffé des éléments animistes et l'adoration des héros. Et au fur et à mesure des échanges conquêtes, les religions locales et étrangères sont agrégées à la religion de la civilisation dominante... Nous y reviendrons !

dimanche 21 septembre 2008

Les races humaines (Que sais-je ?)

J'ai lu pendant mes vacances le livret Que sais-je ? n°¨146 consacré aux races humaines, par Henri-V. Vallois. Ce livre, originellement écrit en 1944, reste d'une lecture intéressante pour ceux qui veulent avoir un aperçu global des peuples humains, le terme de race étant devenu politiquement (et sans doute biologiquement) incorrect. Bien entendu, le livre contient quelques bribes de suffisance européenne (certaines races humaines seraient moins favorisées intellectuellement, etc.) mais ça reste léger et tout à fait acceptable dans le contexte de l'époque.

Le premier chapitre, Qu'est-ce-que la race ? (16 pages), revient sur l'histoire de cette notion, et les différentes classifications utilisées auparavant. L'auteur rappelle la distinction nation / race / ethnie (et la notion de l'époque de race française). Il liste les critères courants : pigmentation (couleur de peau, tache mongolique, couleur des yeux et descheveux), forme des cheveux, stature, forme de la tête (dolichocéphale, mésocéphale, brachicéphale), forme du visage notamment de la mâchoire et du nez, forme de l'oeil, groupes sanguins, etc. Historiquement, les classifications des races ont varié.

Les Egyptiens distinguaient :
- Rot : Egyptiens, peints en rouge
- Namou : au nez aquilin, peints en jaune
- Nashu : cheveux crépus, peints en noir
- Tamahou : blonds aux yeux bleux

L'ancien testament ditinguait :
- Fils de Cham
- Fils de Sem
- Fils de Japhet
Cette classification a été la référence pendant le moyen-âge, et les savants ont voulu classer les humains dans ces trois races. La question ne fut jamais résolue concernant les amérindiens !

En 1758, Linné définit quatre races humaines :
- L'homme américain
- L'homme européen
- L'homme asiatique
- L'homme africain
Cette classification resta longtemps populaire, malgré d'autres tentatives de classification allant parfois jusqu'à une cinquantaine de races.

En 1806, Blumenbach ajouta une race et modifia les noms, en définissant :
- Race caucasienne
- Race mongolienne
- Race éthiopienne
- Race américaine
- Race malaise
Malgré ces noms pas forcément heureux, cette classification eut un certain succès, notamment le concept de race caucasienne...

Desmoulins proposa 16 races en 1825, isolant notamment les Aïnous. En 1870, Huxley démontra l'originalité de la race australienne... Henri-V. Vallois adopte peu ou prou la classification de Denicker (1900) distinguant 27 races regroupées en 4 groupes raciaux.
Races primitives
- Asie : vedda
- Océanie : australienne
Races noires
- Afrique : éthiopienne, mélano-africaine, négrille, khoisan, mélano-indienne
- Océanie : négrito, mélanésienne
Races blanches
- Europe (et méditerranée) : nordique, est-européenne, dinarique, alpine, méditerranéenne
- Asie : aïnou, anatolienne, touranienne, sud-orientale, indo-afghane
Races Jaunes
- Asie : sibérienne, nord-mongole, centro-mongole, sud-mongole, indonésienne
- Océanie : polynésienne
- Amérique : eskimo, amérinde

La plus grande partie du livre est consacrée à définir ces races, avecun chapitre par zone géographique : l'Europe et le bassin méditerranéen (25 pages), l'Afrique sud-saharienne (15 pages), l'Inde (8 pages), l'Asie trans-himalayenne (10 pages), le monde océanien (15 pages), l'Amérique (13 pages). L'auteur détaille ces différentes races, en insistant sur leurs particularités. Bien sûr, les zones géographiques sont plus détaillées que les titres de chapitre le laissent penser : Madagascar et les Îles Andaman (au large de l'Inde) font ainsi partie du monde océanien.

Dans le dernier chapitre, L'évolution des races humaines, l'auteur expose ses théories personnelles sur les migrations humaines, pas vraiment en accord avec les théories actuelles. Il postule notamment la naissance de l'humain quelque part au nord de l'Inde...

Bref, voilà un ouvrage assez daté, mais une lecture assez intéressante permettant éventuellement de (re)découvrir des peuples méconnus. Le côté un peu obsolète de l'ouvrage est plaisant car il permet de prendre un peu de recul par rapport à la science actuelle ; c'est un recul bienvenu, surtout dans un projet comme le nôtre qui consiste à réécrire l'histoire.

Liens
- Article Wikipedia sur les races humaines

jeudi 28 août 2008

L'écriture en Méditerranée (Abderrazak Bannour)

Je viens de lire l'ouvrage L'écriture en Méditerranée de Abderrazak Bannour, chez Edisud (2005, collection Encyclopédie de la Mediterranée n°30).

C'est un essai très intéressant (mais un peu court, en 160 pages), et qui va bien plus loin que son titre pourrait le laisser penser. Déjà, le livre s'intéresse à la Mésopotamie et à l'Arabie, qui ne font pas partie de la Méditerranée, mais qui bien sûr ont eu des influences majeures sur les cultures, langues et écritures de la région. Ensuite, l'auteur va au-delà de son sujet pour parler plus globalement des théories concernant la naissance et l'évolution de l'écriture, n'hésitant pas à critiquer certains collègues linguistes sur leurs théories trop simplistes, et à déplorer le fait que de nombreux linguistes délaissent l'étude de l'écriture. Ce qui ne gâte rien, l'ouvrage est abondamment illustré de nombreux exemples d'écritures reproduisant des documents historiques.

L'auteur étant arabe tunisien, il est très intéressant de lire un livre qui essaie plutôt de se concentrer sur les cultures moyen-orientales et nord-africaines. C'est très rafraîchissant en comparaison de la plupart des autres bouquins que j'ai lu sur le sujet, plutôt axés sur les langues indo-européennes. Bien entendu, ce point de vue arabe a également ses propres préjugés, et un maltais pourra être agacé que sa langue ne soit considérée que comme un dialecte arabe... Mais globalement l'auteur fait montre d'un remarquable esprit de synthèse et d'ouverture.

Le livre se divise en plusieurs parties que je vais résumer brièvement. Il commence par un bref avant-propos où l'auteur rappelle l'importance de l'écriture et déplore que certains linguistes l'aient délaissée, notamment des anciens comme Ferdinand de Saussure, qui écrivait : "Langue et écriture sont deux systèmes de signes distincts : l'unique raison d'être du second est de représenter le premier ; l'objet de la linguistique n'est pas défini par la combinaison du mot écrit et du mot parlé ; ce dernier constitue à lui seul cet objet".

Origine(s) de l'écriture : évolution ou révolution ?
Le long premier chapitre, qui fait presque la moitié de l'ouvrage, traite de la naissance de l'écriture, et la perception que les peuples en ont (les légendes sur les dieux créateurs de l'écriture, etc). L'auteur revient sur les premiers pictogrammes, qui pour lui sont vraiment une première écriture. Il fait le tour des classifications qui ont été faites concernant les écritures selon les auteurs, qui parfois les divisent en deux comme Saussure (idéographique et phonétique, cette dernière étant divisée entre syllabique et phonologique), en sept comme Pulgram (logographique, syllabique, alphabétique, phonologique, phonétique, spectrographique), etc. L'auteur montre à quel point ces classifications sont approximatives, puisque tous les systèmes d'écritures sont mixtes, y compris l'écriture latine avec ses signes non alphabétiques (ponctuation, symboles mathématiques, etc.).
Dans ce chapitre, l'auteur critique certaines théories sur l'évolution des écritures, notammment celles qui considèrent que le progrès va forcément dans le sens pictographique=>idéographique=>phonétique (Gelb, 1952). L'auteur démontre au contraire qu'il y a eu des origines multiples à l'écriture, avec parfois des aller-retours : par exemple l'écriture égyptienne a commencé à être phonétique, avant de devenir idéographique et mixte. Le chapitre s'atarde aussi sur les premiers signes sumériens, dérivés des différents jetons utilisés pour le commerce, et leurs cylindres-sceaux. Il montre aussi plusieurs exemple d'évolution de l'écriture démontrant le principe de démotivation du signe (lorsqu'une écriture est adaptée à un nouveau langage, le signe change de forme et perd de son côté pictographique), avec pour exemple l'évolution de l'écriture cunéiforme entre le sumérien et le néo-babylonien.

Développement de l'écriture : une histoire d'acculturation
Le deuxième chapitre se consacre à l'évolution de l'écriture en fonction de l'évolution du langage, des changements culturels ou de l'adaptation à un nouveau langage. L'auteur se concentre sur les écritures égyptiennes, et rappelle une hypothèse intéressante (confirmée en 1999) sur la façon dont elle a pu favoriser la naissance de l'écriture phénicienne : via les Hyksos, ce peuple sémite qui a régné sur l'Egypte entre -1730 et -1580.
Dans ce chapitre, l'auteur défend également le point de vue que les abjads (alphabets consonnantiques, comme l'arabe ou l'hébreu) sont des écritures complètement adaptées aux langues sémitiques, contrairement à certaines opinions euro-centristes.

Diffusion de l'écriture : constitution des scripts
Le troisième chapitre revient sur la diffusion des écritures à travers la méditerranée, selon deux branches principales : la branche phénicienne (qui aboutira notamment aux alphabets grec et latin, au tifinagh berbère, etc.) et la branche araméenne (qui aboutira aux abjads arabe et hébreu, etc.). L'auteur décrit brièvement l'histoire étonnante des araméens, un peuple mineur mais dont a langue a acquis un statut de langue internationale, au point de remplacer l'hébreu et le babylonien. Après les dominations greco-romaine puis arabe, la langue a continué de subsister, et on la parle encore de nos jours (chrétiens syriaques).

L'histoire inachevée : nouveaux outils, nouveaux supports
Ce court chapitre discute de la diffusion de l'imprimerie, à laquelle les cultures arabes ont longtemps rechigné. La révolution numérique ouvre une nouvelle page de l'histoire de l'écriture...

Le livre se conclut par une chronologie (illustrée) des étapes de l'histoire de l'écriture en Méditerranée, puis par une bibliographie.

En bref : Je recommande la lecture de cet ouvrage, un peu court mais rempli à ras-bord, synthétique et rempli d'éléments méconnus de l'histoire. Les illustrations abondantes et le point de vue arabe sont ses points forts.

Dans le cadre du projet Le règne de Mu, ce livre offre plein d'idées sur la genèse et les évolutions des langages et des écritures. Et il fait la lumière sur des peuples méconnus (Hyksos, Araméens, Nabatéens...) sur lesquels on peut fantasmer des origines mystérieuses !

Illustration : disque de Phaïstos

mercredi 13 août 2008

Familles de langues, selon Merritt Ruhlen

Pour poursuivre sur mon article d'hier concernant le Caucase et ses langues, voici la carte des grandes familles de langues identifiées par le linguiste américain Merritt Ruhlen. Celui-ci, poursuivant les travaux de son prédécesseur Greenberg, croit à l'hypothèse d'une langue-mère originelle et identifie des familles de langues extrêmement larges. Cette carte est issue du site web de l'auteur.



Comme on le voit, l'auteur crée une grande famille déné-caucasienne, dont il exclut les langues dravidiennes (contrairement à son collègue Michel Morvan) ainsi que les langues kartvéliennes (caucasiennes du sud, dont le géorgien).

Si je voulais mêler les théories de Churchward (migrations de populations) à celles de Ruhlen (super-familles de langues), voilà les rapprochements que je pourrais faire :
- Groupe ouighour (et mongol) : langues eurasiatiques
- Groupe maya (cara-maya et quiché-maya / quetzal) : langues déné-caucasiennes et amérindiennes
- Groupe naga-maya (et dravidien) : langues dravidiennes, austriques, indo-pacifiques, afro-asiatiques et kartvéliennes
- Groupe négroïde : langues khoisanes, nigéro-kordofaniennes, nilo-sahariennes et australiennes
Enfin, on reverra ça plus tard...

Un de ces jours, je vous ferai une petite critique de l'ouvrage de référence de Merritt Ruhlen : L'origine des langues (aujourd'hui disponible au Livre de Poche).

Je vous renvoie à un article précédent de mon blog, où je listait 27 racines de la langue-mère identifiées par Ruhlen.

Allez également jeter un oeil sur l'article de Wikipedia consacré à la théorie de la langue originelle.

mardi 12 août 2008

La Caucase, mosaïque de peuples

La guerre déchirant actuellement la Géorgie, a bien entendu des origines politiques et économiques, mais elle met également en lumière l'extraordinaire variété des peuples de la région du Caucase...

Cette région montagneuse entre Caspienne et Mer Noire a eu longtemps la réputation (sans doute fausse) d'être le berceau des peuples de race blanche, comme semble le montrer la détestable apellation Caucasian utilisée par les anglo-saxons pour désigner les personnes à la peau claire. On peut en effet le croire si l'on observe la variété des ethnies et des langages de la région : indo-européens (Ossètes...), altaïques (Azéris...) et caucasiens. Dans la famille ataïque, on trouve même des mongols dans la région (les Kalmouks). Lénine était à moitié Kalmouk (comme le footballeur Youri Djorkaeff, d'ailleurs).

Le groupe linguistique caucasien est lui-même assez controversé... Les langues caucasiennes ne se ressemblent pas beaucoup entre elles, notamment entre le nord et le sud du Caucase. Il y a cependant des similarités (caractère agglutinant, etc.) qui permettent à certains linguistes d'identifier ce groupe. Il y a même des rapprochements linguistiques plus lointains : certain rattachent le basque, certaines langues amérindiennes et d'autres (tibétain, sumérien, étrusque...) aux langues nord-caucasiennes (théorie déné-caucasienne). D'autres, comme Michel Morvan, osent suggérer un groupe plus large qui comprendrait également les langues dravidiennes.

(Carte issue de Wikipedia, originellement dessinée par la CIA)

Dans le cadre de notre projet Le règne de Mu, nous nous baserons sur les théories de Churchward : les migrations de l'humanité se sont faites par les océans. Aux Antipodes du Continent de Mu, frontière naturelle, le Caucase fut l'aboutissement de la migration pour plusieurs peuples variés ... notamment les Ouighours (dont les indo-européens descendent, selon Churchward), les Dravidiens (cf Michel Morvan) et les Cara-Maya (Atlantes).

Formidable laboratoire linguistique et ethnique, le Caucase a intéressé de nombreux savants, comme Georges Dumézil qui a étudié les légendes ossètes et la langue oubykh, etc. Il devrait être également un exemple de cohabitation entre peuples ... l'actualité nous dira si la paix reviendra un jour et si les peuples de cette magnifique région arrivront enfin à vivre ensemble dans le respect de leurs cultures.

lundi 23 juin 2008

Une météorite tueuse de mammouths ?

Un article du Monde : La thèse de la météorite "tueuse de mammouths" suscite de vifs débats discute du grand bouleversement qui a vu la disparition de la majorité de la mégafaune (d'Amérique surtout). Selon Richard Firestone (Lawrence Berkeley National Laboratory, Californie), le principal coupable était une météorite tombée sur Terre il y a 12 900 ans. Néanmoins, divrses analyses remettent en cause cette hypothèse : absence de traces de l'impact (ou traces chimiques), et surtout le fait que l'extinction de ces animaux se soit étalée sur plusieurs millénaires (selon le carbone 14).

Pour des articles plus anciens (mais qui restent disponibles) :
- Le site Dinosoria a un article plus détaillé nous apprenant que la théorie de Richard Firestone explique que ce bombardement préhistorique est dû à une supernova !
- Le site (francophone) newsoftomorrow.org propose également un article sur cette théorie

lundi 16 juin 2008

Indiana Jones et le royaume du crâne de cristal

Finalement, je suis allé voir les dernières aventures d'Indiana Jones il y a une dizaine de jours. Celui-ci était plutôt amusant, avec les poursuites, rebondissements et bagarres habituels.

Cependant (années 50 oblige ?), le côté magique des autres épisodes a un peu laissé sa place à la SF kitsch. Sans forcément vous dévoiler le secret de l'intrigue, on devine dès la séquence d'ouverture qu'il y a de l'extraterrestre là-dessous... De plus, le fameux crâne de cristal que trimbale le héros ne ressemble pas du tout aux "véritables" crânes que l'on voit dans nos musées, mais ressemble à une bonne tête venue d'ailleurs.

En ce qui concerne l'histoire antédiluvienne, rien de très original (visiteurs civilisateurs venus d'ailleurs, etc.). En tout cas, rien de compatible avec notre projet sur Mu !

Quant au film lui-même, les scénes d'actions sont marrantes, les personnages sont sympas et la méchante haute en couleurs. Le scénario est approximatif (Des mayas au Pérou ? Qui sont les types zarbi avec des sarbacanes ?) mais à vrai dire ce n'est pas très grave, ceci est un petit film sans grande importance...

Allez plutôt voir JCVD pour un film vraiment original !

dimanche 15 juin 2008

Erick Wujcik, R.I.P.

Je vous l'avais annoncé il y a quelques semaines sur ce blog : le créateur de JdR Erick Wujcik était récemment tombé gravement malade. Il est finalement décédé samedi de la semaine dernière à l'âge de 57 ans. Il avait eu le temps de fêter son anniversaire avec une foule impressionnante d'amis et parents.

Il faudra retenir de cet auteur notamment Teenage Mutant Ninja Turtles & Other Strangeness, un des jeux de rôles les plus débilement amusants de tous les temps, et Amber Diceless Roleplaying Game, l'adaptation en jeu de rôle d'une extraordinaire oeuvre du fantastique contemporain. Il s'occupait également d'un fanzine sur cette oeuvre littéraire de Roger Zelazny : Amberzine.

Et surtout, il était apparemment l'un des gars les plus sympathiques du milieu du JdR. Je n'avais hélas pas eu l'occasion de discuter beaucoup avec lui, hormis quelques échanges sur le forum américain rpg.net...

Il avait récemment pris un peu de recul par rapport au jeu de rôles, mais continuait à s'y intéresser et à en suivre l'actualité. Il y laissera une marque durable...

Salut l'artiste !

Liens
- blog-hommage
- Biographie sur le GROG

mercredi 21 mai 2008

Jeu de Rôle Magazine n°1 (mai 2008)

Enfin !

Après plusieurs années d'absence, nous avons à nouveau en maison de la presse un magazine consacré aux Jeux de Rôles. Modestement intitulé Jeu de Rôle Magazine, il contient des articles très variés, avec des dossiers sur de grands classiques : Dungeons & Dragons, Warhammer et Cthulhu. Il contient également un jeu de rôle générique simple (UnDéSix) avec des scénarios. Egalement : des nouvelles, des critiques (pas forcément sur de l'actualité chaude), des plannings de conventions, etc.

Le magazine est réalisé par une équipe de bénévoles, et le résultat est très intéressant malgré quelques imperfections de jeunesse. En tout cas, c'est très prometteur et on ne peut que leur souhaiter toute la réussite possible ! Si vous voulez participer au magazine, le forum vous est ouvert.

Le deuxième numéro sera principalement consacré au Monde des Ténèbres...

Liens
- Blog du magazine
- Dossier sur Sci-Fi-Universe

mercredi 23 avril 2008

Le secret des crânes de cristal ?

Sapristi !

En surfant sur le sympathique blog consacré à Hunahpu, projet de JdR précolombien, j'ai appris que les fameux crânes de cristal, réputés être des chefs d'euvre extraordinaires de l'art américain ancien, seraient (presque) tous des faux fabriqués au XIXe siècle.

Le British Museum l'avait déjà annoncé pour son exemplaire, comme indiqué dans cet article. Après analyses, le Musée des Arts Premiers a Paris compte faire de même pour le sien, en en parle dans un article du Figaro.

Néanmoins, la seule chose que l'on soit parvenu à prouver, c'est que ces crânes avaient été réalisés avec des fraiseuses... Peut-être, après tout, que les antiques artisans de Mu possédaient cette technique ?

Le mystère reste entier : nous pouvons continuer à rêver !

Nous en reparlerons sans doute après avoir vu Indiana Jones 4 : Le royaume du crâne de cristal !

mardi 22 avril 2008

Parlons mongol (et écrivons ouighour)

J'ai récemment acquis l'ouvrage Parlons Mongol aux éditions de l'Harmattan. Plutôt qu'une méthode de langue, il s'agit plutôt d'un guide de la langue et de la culture mongoles. L'opinion assez unanime sur cet ouvrage est qu'il réussit parfaitement son but et je suis assez d'accord.

J'avais acheté cet ouvrage par simple curiosité intellectuelle sur les langues, et également pour la beauté de l'écriture traditionnelle mongole. Et évidemment, j'ai toujours dans l'idée de recycler ces connaissances dans le présent projet de jeu de rôle. Surtout que l'écriture est très décorative !

L'extraordinaire peuple mongol a conquis la majorité de l'Asie au 13e siècle, y compris la Chine, la Perse et la plus grande partie de la Russie. Ils se sont ensuite divisés en plusieurs empires plus ou moins concurrents... Au fil du temps, ils ont essayé plusieurs alphabets pour écrire leur langue (y compris plusieurs créations), et celui qui a connu la plus longue prospérité est l'alphabet ouighour, adopté à l'époque de Gengis Khan et encore aujourd'hui alphabet officiel de la République de Mongolie (depuis 1994) en sus de l'alphabet cyrillique.

Cette écriture descend de l'alphabet syriaque (comme l'arabe) : les Mongols l'ont emprunté aux Ouighours, qui l'auraient emprunté aux Sogdiens, un peuple indo-européen d'Asie Centrale. Par la suite, les Manchous leur ont emprunté cette écriture, surtout pour un usage protocolaire. Bien entendu, cette histoire officielle est loin d'être certaine, et il est fort possible que je considère l'écriture Ouighoure comme extrêmement ancienne, peut-être même originaire du légendaire Empire Ouighour antédiluvien !

Sous cette très belle écriture, se cache un langage très intéressant, apparenté aux autres langues ouralo-altaïque (comme le turc) : les mots sont composés d'un radical monosyllabique, auquel on adjoint de très nombreus suffixes (jamais des préfixes). Pour l'instant, je commence le bouquin mais c'est très intéressant. L'auteur est un amoureux de la culture mongole et s'y intéresse au moins autant qu'à la langue elle-même. Son enthousiasme est communicatif ! A suivre...

Liens :
- http://www.linguamongolia.co.uk/ : un site en anglais consacré à la langue mongole, avec notamment une petite leçon d'écriture vraiment très bien faite
- article wikipedia sur l'écriture mongole

samedi 15 mars 2008

10.000, le film

Je suis alé voir le dernier film de Roland Emmerich : 10.000. La bande annonce, postée sur ce blog il y a quelques mois, laissait présager un méli-mélo historique très amusant, et tout-à-fait en phase avec le présent projet ! Dans cette bande annonce, on voyait des tribus préhistoriques, des pyramides en construction, des mammouths, un tigre à dents de sabre, des oiseaux carnivores (qu'un oeil non-exercé pouvait confondre avec des dinosaures)...

Le film est très plaisant à regarder, avec de nombreuses scènes vraiment magnifiques : paysages, animaux, décors villageois et urbains, etc. Le scénario, comme toujours chez Emmerich, n'est pas vraiment subtil et avance à coups de prophéties, de coïncidence et de coups de pouces de la sorcière du village, en transe chamanique pour suivre les aventures de nos héros.

L'histoire tiendrait sur quelques lignes : le héros est le fils de l'ancien chef des chasseurs de son village, qui est parti pour une raison inconnue. Grâce à une chasse au mammouth miraculeuse, il arrive à hériter du titre de son père (et du droit à épouser la jolie fille du village), mais il ne se sent pas digne de ce rôle... Le vilage se fait attaquer par des types civilisés à cheval, qui capturent les femmes et la plupart des hommes. Notre héros décide d'aller les rechercher, avec trois autres survivants de l'attaque : l'ancien chef des chasseurs, son éternel rival, et un adolescent rigolo. Au cours de son voyage, il découvrira aussi le destin de son père...

Lors de cette quête, les héros rencontreront de grands oiseaux carnivores, un tigre à dents de sabre que le héros apprivoisera, et bien entendu des tribus locales, que nos héros arriveront à convaincre de se joindre à leur quête. Après diverses péripéties, nos personnages découvriront le sort de leurs compagnons, devenus esclaves pour contruire de grandes pyramides (à l'aide de mammouths capturés). Ils fomenteront une révolte pour libérer leurs compagnons (et les mammouths) et vaincre l'empereur-dieu et ses séides...

Le méchant empereur-dieu est l'un des éléments les plus intéressants du film : il dissimule son visage durant tout le film (on sait simplement qu'il s'agit d'un géant à la peau très claire), et il est d'une origine mystérieuse. Certains murmurent qu'il serait venu des étoiles, ou d'un pays englouti par la mer... Il serait l'un des trois derniers survivant d'une race disparue... D'autres allusions plus ou moins directe peuvent orienter le spectateur vers plusieurs options : le film est lié à Stargate (film et série), il est rattaché à la légende de Mu ou de l'Atlantide, ou encore tout cela est de la superstition destinée à renforcer le pouvoir divin du roi tout-puissant. Le film ne résoud pas ce mystère, ce qui est une escellente idée !

En bref : j'ai trouvé ce film très amusant et plutôt satisfaisant. Il n'est pas d'une grande originalité, reprenant sans vergogne des éléments de succès cinématographiques : Apocalypto, Stargate, La Momie... Néanmoins, le mélange est homogène et donne un résultat plaisant si l'on n'est pas trop regardant sur les approximations du scénario. Mais bon, lorsque vous allez voir un film de Roland Emmerich, vous savez à quoi vous attendre !



En ce qui concerne le présent projet, le film rentre bien dans notre vision du passé préhistorique. Cette histoire se passe durant l'Âge d'Argent de la Terre : Mu s'est effondrée et seul l'Atlantide règne sur Terre (elle sombrera quelques années plus tard), certainement de manière tyrannique... Le grand méchant peut être un seigneur atlante fou installant une colonie, ou alors un prêtre nacaal devenu fou et persuadé d'être le dernier survivant de la civilisation antédiluvienne !

Le film donne également des idées très sympatiques pour les décors et les bestioles. Si le tigre à dents de sabre est un peu sous-utilisé, en revanche l'attaque des oiseaux méchants est excellente, et l'usage urbain de mammouths est une idée plutôt cool...

Je recommande globalement la vision de ce film, à la fois idiot et enthousiasmant, qui saura donner des idées à tous les amateurs de jeux de rôles antédiluviens et/ou préhistoriques.

jeudi 13 mars 2008

Le retour de L'appel de Cthulhu en VF

Après le retour récent de Lovecraft sur les étals des boutiques de jeu avec Cthulhu du 7e Cercle, voilà que vient d'être annoncé le nouvel éditeur qui reprendra la traduction du jeu de rôle classique L'appel de Cthulhu.

Pour l'instant, on ne sait pas grand chose, à part l'existence de leur site web, plutôt joli. L'équipe qui s'occupe de ce nouvel éditeur est celle qui avait créé le jeu pulp Arkeos il y a quelques années. Ca promet d'être bien fichu et joli !

A suivre...

Le site : http://www.sans-detour.com/

mercredi 5 mars 2008

Gary Gygax, R.I.P.

Hier, Gary Gygax est décédé suite à une maladie cardiaque. Il était le créateur de Donjons et Dragons, et par conséquent des jeux de rôles.

Il était moins actif dans le domaine du JdR depuis que son ancienne boîte, TSR, l'avait viré à la fin des années 80, mais il est revenu à la création récemment, notamment en travaillant sur le jeu Castles & Crusades, certainement le plus digne héritier moderne de Donjons et Dragons (enfin, c'est mon avis personnel).

D'ailleurs, c'est sur les forums de Troll Lord Games, éditeur de C&C, que les hommages à Gary sont les plus nombreux.

En français, on en cause sur le forum Casus NO, entre autres. A noter également un hommage très sympa sur un blog du Figaro.fr. Sinon, les dépèches ont fleuri sur tous les sites d'informations...

Vous pouvez également découvrir sa biographie et ses oeuvres sur le GROG.

lundi 21 janvier 2008

Les Légendes Xothiques (de Lin Carter)

J'ai fini de lire le recueil de nouvelles Les légendes xothiques de Lin Carter, publiées dans la collection Nocturne, chez l'éditeur Oriflam. Comme je l'écrivais il y a quelques jours, il s'agit de nouvelles que Lin Carter avait écrit dans le cadre du fameux Mythe de Cthulhu inventé par Howard Phillips Lovecraft, mettant en scène de mystérieuses créatures extraterrestres ayant envahi notre Terre à une époque préhistorique : les Grands Anciens. Ils sont aujourd'hui enfermés ou endormis, mais prêts à revenir régner grâce à leurs adorateurs, ou aux connaissances secrètes cachés dans d'affreux grimoires.
Ce recueil m'intéressait particulièrement puisqu'il met principalement en scène la triade xothique, autrement dit les trois divinités qui seraient enfants de Cthulhu, conçues sur la planète Xoth et qui ont fait régner la terreur sur le continent de Mu : Ghatanothoa, Ythogtha et Zoth-Ommog.

Lin Carter, dans la continuité d'August Derleth et Brian Lumley, fait des suppositions qui n'appartiennent pas strictement au canon lovecraftien :
- Les Grands Anciens seraient des divinités mineurs, autrefois serviteurs des Dieux d'Antan. Ils ont échappé à leurs maîtres pour régner sur Terre, mais les Dieux d'Antan les ont puni en les enfermant ou en les exilant ailleurs.
- Chaque grand Ancien est lié à l'un des quatre élements : l'eau (pour Cthulhu et ses fils...), le Feu (Cthuga...), l'air (Hastur...), la Terre (Nyarlathotep...)
- Il existe des liens de filiation entre les Grands Anciens

Les nouvelles elles-mêmes ne sont pas extraordinaires : elles suivent tout à fait les schémas habituels des nouvelles typiquement lovecraftiennes, sans réelle surprise pour ceux qui sont déjà fans de ce genre de littérature. Il s'agit donc essentiellement de recyclages de vieux schémas et clichés. Ce qui est amusant, c'est toutes ces nouvelles se font plus ou moins suite les unes aux autres : le personnage d'une nouvelle hérite des livres de la victime de la nouvelle précédente, ou apprend plus de détails sur le sort tragique d'un héros précédent, etc.

Les amateurs de mythologie lovecraftienne pourront hurler au blasphème, mais de temps en temps, via la lecture de grimoires, on en apprend un peu plus sur l'histoire des Grands Anciens. Par exemple, la nouvelle L'horreur dans la galerie détaille très bien leur généalogie, telle qu'elle serait détaillée dans l'ouvrage Unaussprechlichen Kulten : les Dieux d'Antan ont d'abord créé Ubbo-Sathla et Azathoth ; les premiers enfants d'Azathot se nommèrent Nyarlathotep, Yog-Sottoth et Cxaxukluth ; Ubbo-Sathla téléporta ensuite la Terre jusqu'à son emplacement actuel ; Yog-Sottoth s'unit à une habitante du monde de Vhoorl (dans la 23e nébuleuse) pour enfanter Cthulhu, et à une autre pour enfanter Hastur ; Hastur et Shub-Niggurath enfantèrent Ithaqua, Zhar et Lloigor ; sur le monde de Xoth, Cthulhu s'unit à Idh-Yaa qui engendra notre triade Xothique composée de Ghatanothoa, Ythogtha et Zoth-Ommog ; Cthuga (élémentaire de feu) enfanta Alphoom Zha près de Fomalhaut, qui descendit sur Terre pour régner sur l'arctique ; le troisième fils de Yog-Sottoth, Vulthoom, régna sur Mars ; Cthulhu et ses enfants régnèrent sur la Pacifique ; Tsathoggua, fils de Ghizguth régna sur l'Hyperborée.

Les Grands Anciens firent la guerre aux habitants non-humains de la Terre ; d'abord les Êtres Primordiaux puis la Grande Race de Yith qui leur donna du fil à retordre. C'est alors que les enfants d'Ubbo-Sathla sortirent de leurs cavernes de Y'qaa pour mener à la victoire : Zulchequon, Abboth, Nyoghta, Yig, Atlach-Nacha, Byatis et Han l'Obscur. Ensuite les Dieux d'Antan intervinrent pour vaincre les Grands Anciens... La nouvelle de Lin Carter détaille les endroits où ont été bannis les Grands Anciens, et également les races de serviteurs connus : pour Cthulhu les Profonds dirigés par Dagon et Hydra, pour Cthuga les Vampires de Feu dirigés par Fthaggua, pour Lloigor et Zhar le peuple Tcho-Tcho de Birmanie dirigé par E-poh, Nyogtha par les goules qui ont Nagoob pour chef et par les Shantak obéissant à Quumyagga, Yig est servi par les hommes-serpents de Valusie dirigés par Sss'haa, Aphom Zhah est servi par les Êtres de Glace dirigés par Rlim-Shaikorth, et bien entendu Ythogtha et Zoth-Ommog sont servis par les Ygg, de gros vers dirigés par Ugg, que l'on voit souvent dans les nouvelles du recueil.

Pour les gens qui s'intéressent à Mu, tels votre serviteur, le livre ne contient pas vraiment d'informations substantielles, sauf dans les trois premières nouvelles, même si le reste des nouvelles tourne souvent autout d'Ithogtha, de Zoth-Ommog et des Yugg... Voilà un petit résumé des informations contenues dans les trois premières nouvelles :
- L'offrande pourpre, un morceau de biographie du célèbre Zanthu du continent de Mu, prêtre d'Ythogtha et ennemi de Ghatanothoa. Cette nouvelle nous éclaire sur les cultes pratiqués à l'époque sur Mu (Ghatanothoa, Ithogtha, Shubb-Niggurath, Nug, Yeb). On trouve aussi quelques informations sur la géographie de Mu. G'thuu était le plus septentrional des neuf royaumes de Mu, Ghua était la plus méridionale des provinces orientales, sur la route entre ces deux royaumes on trouve les falaises d'Onyx de Kho et les déserts de sable de Ylagh (où l'on trouve les terrifiants Noogs). En pénétrant dans Ghua, on trouve le sombre lac de Kyagoph et les collines qui abritent le puits sans fond de Yuggogon. Avant d'arriver à la cité d'Aglad-Dho, on traverse les Bois Noirs et les Collines de Ninghom. Le roi de cette cité gouverne Yish et Kan et les autres terres du sud-est. La Désolation de Voor se trouve dans le Royaume de Kish ; on y trouve la tombe du sage Iraan. Les Gyaa-Huas sont des sous-humains utilisés comme esclaves.
- Celui qui attend dans la tombe raconte la quête d'un archéologue pour retrouver, sur la Plateau de Leng en Asie Centrale, les traces des immigrants de la Terre de Mu et notamment la tombe de Zanthu...
- La bête dans l'abîme est un nouvel épisode des aventures de zanthu, où le prêtre d'Ythogtha va essayer de rencontrer son dieu, ce qui aura des conséquences catastrophiques. On y trouve les précisions géographiques suivantes : la montagne de Yaddith-Go, où vit Ghatanothoa, se trouve dans la pays de K'naa. Entre K'naa et G'thuu, se trouvent le Fleuve du Ver, les Collines de Basalte Sculpté et les Catacombes de Thul. C'est au pays de G'thuu que l'on trove l'Abîme de Yhe où Ithogtha est enfermé, et sa capitale se nomme Yu-Haddoth. La nouvelle montre également une entrevue de Zanthu avec Ubb, père des vers.

Les autres nouvelles (une quinzaine en tout)) sont moins liées à Mu, même si on y retrouve réguilièrement des noms familiers : Ubb et les Yggs, Zoth-Ommog et Ithogtha, les abominables Tcho-Tcho et notamment ceux qui habitent Leng, etc.
Bref, ce recueil, même s'il ne brille pas par son originalité, est un assez digne représentant de la littérature lovecraftienne ; je regrette beaucoup que l'auteur n'ait pas plus développé les nouvelles concernant le continent de Mu et son histoire légendaire. Ce n'est pas vraiment lié à mon projet (où les Grands Anciens n'auront rien à faire) mais il aurait été amusant de recycler quelques idées. D'ailleurs, je vais peut-être le faire, tout compte fait. Les quelques allusions géographiques des première et troisième nouvelles peuvent former la base d'une géographie du Continent Perdu !

L'image de Cthulhu qui accompagne cet article est issue de Wikipedia.