dimanche 10 mai 2009

Les Indo-Européens (Que sais-je ?) : Résumé (1)

L'autre jour, j'ai brièvement discuté des polémiques sur le bouquin et surtout son auteur, maintenant faisons un résumé de l'ouvrage Les Indo-Européens, par Jean Haudry, dans la collection Que Sais-Je ? (numéro 1965)

De l'indo-européen aux Indo-Européens est une introduction où l'auteur revient sur les critiques contre l'hypothèse d'un peuple indo-européen, et détaille les buts de l'ouvrage et ses méthodes : paléontologie linguistique (se basersur les langues pour en déduire des faits de civilisation), mythologie comparée, etc. Par exemple, la paléontologie linguistique permet de démonter que l'unité indo-européenne remonte à l'âge du bronze, puisqu'une racine indo-européenne désigne le bronze (*ayes-) alors que l'on a des vocables très différents pour le fer. La mythologie comparée permet de repérer des ressemblances énormes entre les mythologies, que ce soit la légende des origines de Rome, la mythologie nordique, les Veda et Avesta...

Chapitre premier : la vision du monde tente de tracer les grandes lignes de la morale et de la spiritualité indo-européenne. L'auteur montre que la philosophie indo-européenne est avant tout une pensée politique, au point de calquer une vision politique sur sa religion...
Il commence par indiquer que, contrairement à certaines hypothèses, la philosophie primitive indo-européenne n'est pas nécessairement animiste, mais très axée sur la société humaine et avec peu de goût pour les abstractions.
Une partie du chapitre nommée l'héritage littéraire indo-européen déduits plusieurs faits à partir des textes les plus anciens des civilisations indo-européennes (y compris les Grecs) : grande importance accordée à la gloire personnelle, importance du nom donné aux personnes (qui reflètent la destinée souhaitée, surtout pour les classes sociales supérieures), thème important de peuples différents qui s'affrontent puis finissent par s'unir (Ases et Vanes chez les Germains, Romains et Sabins...).
L'auteur revient sur l'extrême importance accordée à la gloire et à la réputation, transmises à la lignée du héros, et puissance dévastatrice de la honte et du blâme.
Il décrit ensuite la division trifonctionnelle de la société indo-européenne (prêtres-juges, guerriers, artisans-paysans), qui se reflète dans les récits. Ainsi, les rois romains furent d'abord souverain-juge (Romulus et Numa), puis des guerriers (Tullus Hostilius) puis paysan (Ancus). On retrouve des schémas similaires chez les Germains, les Slaves, les Irlandais... De même, dans les grandes épopées avec groupes de héros, ceux-ci sont bien caractérisés par leur appartenance aux trois fonctions : dans la légende troyenne de la fondation de Rome raportée par Virgile, le troyen (pieux) Enée s'allie avec l'étrusque (guerrier) Tarquin pour combattre le (riche) Latinus, avant de finir par faire la paix. Les groupes de héros du Mahabharata et de l'Edda sont aussi très caractérisés comme archétypes des trois fonctions. De nombreux récits indiquent clairement que c'est la première fonction qui doit dominer et diriger le groupe, et nombreuses sont les légendes indiquant les résultats catastrophiques qu'apporte une préférence donnée à la troisième fonction (paysanne, axée sur la fécondité), comme par exemple la légende troyenne où Pâris préfère Aphrodite (3e fonction) à Héra (1e fonction) et Athéna (2e fonction).
Plusieurs mythes indo-européens présentent aussi le thème de l'ennemi intérieur, souvent métissé avec l'ennemi héréditaire : Loki (demi-géant) chez les Germains et Syrdon (demi-démon) ches les Ossètes. Voir également le mépris affiché des hindous pour les candala : métis entre brahmane (de la plus haute caste) et sudra (de la plus basse caste, celle des non-aryens).

Pour ce qui est de l'âme humaine, les indo-européens ne semblent pas avoir d'opinion arrêtée. L'auteur détaille quelques croyances distinctes, mais sa conclusion est que ce sont des résultats d'apports extérieurs : pour l'indo-européen, ce qui importe c'est l'action dans le monde puis la gloire posthume...
En ce qui concernent la cosmologie, les indo-européens n'accordent pas d'importance à l'astrologie, mais en revanche ont divinisé le soleil et la lune, et considèrent aussi que le ciel diurne est différent du ciel nocturne, au point de leur donner des noms différents. Le temps est souvent cyclique, à grande échelle les âges sont souvent associés chacun à l'une des trois fonctions, séparés par des guerres et catastrophes majeures.
Bref, la conclusion générale de ce chapitre est que la pensée indo-européenne est avant tout politique et axée sur les respect d'une société organisée en trois fonctions, une structure qui gouverne les hommes autant que le monde...

Nous reprendrons ultérieurement la suite de ce résumé...

Image d'illustration :
- The Judgement of Paris (David Spears, 2003)
- Loki, de Glen Angus, pour Marvel Comics

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