samedi 20 juin 2009

Les Indo-Européens (Que sais-je ?) : Résumé (2)

Voilà la suite (et fin) de mon petit résumé du Que Sais-Je ? n°1965, consacré aux Indo-Européens. La dernière fois, nous nous étions arrêtés aux considérations sur la cosmologie, vers la page 39 du livre (sur 128 pages).

Un nouveau chapitre aborde ensuite la communauté indo-européenne. Il commence à examiner les fonctions, qui dans certaines sociétés ont évolué vers un système de castes. Ces trois fonctions, dont nous avions déjà parlé dans un article sur Dumézil, sont : les prêtres-juristes, les guerriers et les paysans. Cette structure a ensuite pu évoluer, certaines sociétés rajoutant une caste d'esclaves (les sudra chez les hindous, les thralls chez les Germains...) et d'autres rajoutant des castes d'artisans ou de scribes. Chez les Germains, la caste des prêtres-juges sembe ne pas exister, mais en pratique leur rôle est partagé avec la première fonction. L'auteur rappelle également les traces de ces trois fonctions chez les romains et les grecs, etc.

Après les trois fonctions, l'auteur examine les différents cercles d'appartenance, que là aussi on retrouve dans les divers peuples indo-européens, avec des noms semblables : la famille, le clan ou village, la tribu et la nation. L'auteur discute aussi de la place des anciens et des jeunes, les seconds étant souvent favorisés, bien qu'il existe une tradition d'entraide inter-générationnelle. La conclusion de cette partie est que les traditions affirment la solidarité indispensable des différentes fonctions, distinctes mais nécessaires les unes aux autres. La traditions et les récits légendaires ne cessent de réaffirmer cette nécessaire cohérence entre les composants du corps social, dont le roi incarne la garantie. cette cohérence est garantie par des lois mettant l'accent sur la vérité et les serments, la fidélité à son ascendance, la justice et la bravoure.

Un chapitre discute de la religion polythéiste des Indo-Européens. L'auteur liste des concepts de dieux que l'on retrouve un peu partout. Tout d'abord les dieux cosmiques, dont le principal est celui du Ciel-Diurne, opposé aux démons de la nuit, voire à des divinités ombrageuses de l'aurore, et qui est l'époux de la terre. Les trois éléments ont parfois leur dieu, également : le feu dont seul le védisme semble avoir gardé l'importance avec le dieu-guerrier Agni, l'eau souvent sous une divinité de la troisième fonction, et les vents souvent incarnés par des génies mineurs. Les quatre cercles de la société ont chacun leurs dieux particuliers, notamment génies de la famille, voire dieux tutélaires (comme Vénus honorée à Rome par la famille Julia).La plus grande partie du chapitre est cependant dédiée à examiner la façon dont les divinités ont pu incarner les trois fonctions de la société ; comme l'avait démontré Georges Dumézil, la structure des panthéons se calque souvent sur cette organisation ternaire de la société, avec souvent un duo incarnant la première fonction, un guerrier incarnant la deuxième fonction, et une foule de dieux mineurs incarnant la troisième fonction. Le chapitre examine d'abord le panthéon indo-iranien (Varuna + Mitra / Indra / les Vasu) et sa descendance Zoroastrienne, le panthéon latin (Jupiter + Fides / Mars / Quirinus), le panthéon germanique (Odin + Tyr / Thor / Freyr et les Vanes), les panthéons slaves (Stribogu / Perunu / Volosu) et baltiques, le panthéon celtique (Lug + Dagda ou Nodens / Ogmios / Diancecht, Brigit, etc.), le panthéon hittite (hypothèses incertaines), le panthéon grec (contre-exemple : on n'y reconnaît pas vraiment les 3 fonctions). La fin du chapitre explique comment les trois fonctions ont ensuite été incluse dans des récits légendaires : Mahabharata, légendes ossètes des héros nartes, origines légendaires de Rome, épopées grecques, edda nordique, bylines russes...

Un chapitre discute des institutions et des lois, largement basée sur les notions vues précédemment : organisations selon les quatre cercles, importance des contrats et serments, etc.

Un chapitre est consacré à la guerre et à ses règles. La guerre est un état permanent, puisqu'une fonction entière de la société y est dédiée. La guerre est interprétée comme un moyen de se faire justice, entre nations, tribus voire clans : son issue est interprétée comme un message des dieux. Un chapitre traite ensuite de la production, apanage de la troisième fonction, et de quelques éléments de la vie quotidienne (animaux, maisons, poteries...).

Le dernier chapitre est sans doute le plus polémique du livre, puisqu'il discute de l'origine raciale et géographique des indo-européens. L'auteur affirme la race blanche de ce peuple, et parmi les hypothèses examinées, c'est apparemment l'origine hyperboréenne, donc polaire, qui semble avoir sa faveur, même si le chapitre répertorie les autres hypothèses : Europe, Russie... La conclusion de l'ouvrage réaffirme l'intérêt de l'étude des Indo-Européens, s'appuyant sur une longue citation d'Emile Bienveniste.

Bref, voilà un bouquin très intéressant si on sait en prendre certaines conclusions avec des pincettes. Il sera une inspiration majeure pour mon travail sur les Aryens dans le cadre de mon jeu, comme desendants d'Ouighours dirigés par une aristocratie hyperboréenne ... nous en reparlerons !

N'oubliez pas de lire ce blog avec l'esprit ouvert ... mais circonspect.

Illustration : le dieu védique du feu, Agni

3 commentaires:

Alexandre a dit…

Bonjour,

Merci pour ces résumés.

De plus, j'aimerais savoir sur quel jeu travaillez-vous (celui dont vous faites allusion) ? Bien sûr, si ce n'est pas indiscret.

Alexandre a dit…

Ah oui, vous avez écrit

« Le dernier chapitre est sans doute le plus polémique du livre, puisqu'il discute de l'origine raciale et géographique des indo-européens. L'auteur affirme la race blanche de ce peuple »

Une précision s'impose. Jean Haudry n'indique que le type physique de la couche supérieure des Indo-Européens. En effet, cette classe est majoritairement blanche ou européenne (d'après les recherches scientifiques). Donc, épargnons ce raccourci : indo-européen = race* blanche.

Cordialement.

* Race au sens d'ascendance.

soner du a dit…

Le projet est le jeu de rôle "Le règne de Mu", sujet de ce blog.