mercredi 11 août 2010

Casus Belli, 2e retour

Depuis une semaine, le magazine Casus Belli est ressuscité à nouveau... Né au début des années 80, d'abord consacré aux wargames, il s'est ensuite ouvert aux jeux de rôles qui ont fini par devenir la matière principale du magazine, et il a fini par devenir le magazine français de référence dans ce domaine.

Après une existence de presque deux décennies, l'éditeur du magazine mit fin à son existence en 1999, après 122 numéros (et des hors-séries). Le magazine ressuscita peu après, en l'an 2000, mais cette nouvelle formule s'acheva en 2006, après 39 numéros ; de 2003 à 2006, il fonctionna d'ailleurs dans un équilibre financier délicat. La présente re-renaissance en juillet 2010, après 4 année d'éclipse, est donc le début de la troisième incarnation de Casus Belli.

Ce premier numéro de Casus Belli 3e époque était donc très attendu, après un buzz bref et intense qui précéda sa sortie. D'ailleurs, en moins d'une semaine, il est devenu pratiquement introuvable dans de nombreuses villes.

Le magazine lui-même est très bien fait, avec une maquette lisible et agréable. Il comporte ce que l'on attend de lui : des scénarios et aides de jeu, des critiques et des nouvelles, quelques articles de fond. Parmi ses collaborateurs, on trouve de nombreuses plumes connues et talentueuses, comme Emmanuel Gharbi et Le Grümph, piliers des éditions John Doe. Les auteurs Arnaud Cuidet et Laurent Devernay viennent proposer aides de jeu et scénarios pour leurs créations, Metal Adventures et Devâstra. Le scénario pour Loup Solitaire est également signé de l'un des auteurs-traducteurs. L'inépuisable Didier Guiserix, collaborateur du magazine depuis le tout début des années 80 (et ancien rédacteur en chef), revient avec ses charmantes illustrations. Etc.

Le problème qui se présente à tout magazine à notre époque, est d'arriver à se trouver une place face au web, plus réactif et foisonnant. Dans la rubrique des nouvelles, il s'agit donc de disposer d'informations exclusives, et Casus Belli y parvient pour plusieurs annonces ; ils ont visiblement la confiance des éditeurs. Au niveau des scénarios et aides de jeu, ils ont de bons auteurs (voir plus haut). Le seul point noir, généralement pointé par différentes critiques sur internet, est la rubrique de critiques, trop longue, et surtout souvent assez inutile, comme par exemple la critique de Rogue Trader sur 2 pages, tellement enthousiaste qu'elle ressemble à du publi-reportage. Il y a certainement des choses à revoir pour que ces critiques soient plus équilibrées et prennent moins de place, d'autant plus que les lecteurs peuvent se faire leur avis ailleurs sur le web.

Il reste à voir aussi si le magazine se fera une présence sur le web. Casus Belli 2e époque avait échoué sur ce plan : malgré des débuts prometteurs, le site fut complètement laissé à l'abandon sur 2003-2006. En revanche, les anciens forums du magazine (et même les versions minitel) avait su créer une communauté, qui a continué à subsister après la première mort du magazine. Aujourd'hui encore, le forum Pandapirate* continue à être le point de rassemblement de ces pionniers du web Casus, bien qu'on n'y parle plus vraiment de jeux de rôles. En revanche, le forum Casus NO (non-officiel), extension du forum Pandapirate, est devenu le forum francophone le plus actif consacré au jeu de rôle.

Reste à voir aussi s'ils parviendront à conserver un rythme de parution mensuel, et comment vont cohabiter les deux magazines rôliste actuellement en kiosques, Jeux de Rôles Magazine et le nouveau Casus Belli...

Liens
- Le site web du magazine
- Entretien avec les éditeurs sur le site des Sentiers de l'imaginaire
- Article Wikipedia sur le magazine
- Forum Casus NO
- Forum Pandapirate

Notes
* Le nom Pandapirate est une allusion à un éditorial acerbe d'un magazine concurrent (Backstab), qui avait à l'époque comparé la mort de Casus à celle des pandas (pour dire qu'il s'en fichait, en gros).

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